Bon eh bien çà y est, la neige nous oblige à nous arrêter à quelques mètres du col (4767 m). Allez les hommes, tous dehors…il faut pousser, et pousser à près de 4800 m, sous la neige et le froid…pas marrant !!! Ah ! Vous l’avez voulu l’aventure…eh bien c’est super, nous y sommes en plein.


Heureusement, pauvres hommes, le minibus reprend vite du souffle, et tous ces messieurs remontent se mettre au chaud dans le bus. Bravo ! Nous y sommes.
Puis, il faut amorcer la descente…et là heureusement que nous n’avons pas un « branquignole » du volant, mais un super chauffeur « Sergio », conduisant avec prudence, douceur et attention.
Plus bas dans la descente, le soleil ayant refait son apparition. Arrêt, avec superbe vue sur des sommets. Je suis surprise de ne pas être essoufflée cette année, peut-être en vieillissant mon organisme se « renforce », il ne faudrait pas que je marche trop vite et fasse trop d’efforts, il faut dire que dans le bus…les efforts sont nuls. Mais jusqu’à présent je supporte bien l’altitude, pourvu qué çà douré !
Nous arrivons à Chacas vers 13 h. Nous applaudissons Sergio et son véhicule Toyota.
Partons en direction du resto…çà monte…mais le souffle tient bon. Repas fort sympa pour 31 soles à 9. Au menu : soupe, poulet avec ananas et poivrons, riz, boissons chaude genre jus de mangue.
A 16 h rendez-vous pour visiter les ateliers tenus par des Pères Salésiens italiens (ordre de Don Bosco) enseignent à des jeunes adolescents les métiers du bois, sculpture, ferronnerie, vitraux, peintures. A l’origine, ce très grand centre qui fait vivre Chacas fut fondé il y a 25 ans pour recueillir les jeunes orphelins et leur apprendre un métier. Ces jeunes sont pris en charge pendant 5 ans par l’école, puis ils partent un an exercer le métier ailleurs. Si tout va bien et qu’ils trouvent du boulot pas de problèmes, sinon s’il y a un problème, ils peuvent revenir travailler ici moyennant salaire qui déduit évidemment nourriture et logement. Ils sont bien entourés, bien assistés…un peu le « compagnonnage » en France.
De nombreux jeunes bénévoles italiens viennent ici encadrer les jeunes et voir comment çà se passe, c’est peut-être une bonne formule…à la condition qu’on ne les « force » pas trop à aller aux offices…et à se convertir ??? l’histoire ne le dit pas. De toute façon, pour les jeunes c’est un bon débouché pour leur avenir car je pense qu’un jeune qui a été formé pendant 5 ans ici…doit avoir une bonne réputation quant au travail bien fait et à une certaine rigueur de vie.
Tout le travail qui est fait ici est destiné, pour la plupart, aux églises, chapelles du monde entier. Pas mal de commandes partent pour les Etats-Unis et l’Italie. Ils font aussi des meubles, salles à manger, chaises, bibliothèque…très design.


Nous admirons une superbe croix et un immense vitrail pour embellir une église ou chapelle de la jungle amazonienne. C’est un peu gros !!! Est-ce utile ? Autant de frais pour une église de la jungle amazonienne. Franchement c’est beau l’évangélisation et c’est bien de mettre une croix…mais d’une telle envergure… je trouve çà déplacé.
D’abord prendre soin des Indiens, veiller à leur santé, le maintient de leur culture, le respect de leur croyances, bon je veux bien qu’on leur montre ce qu’est la religion ??? Mais de là à déplacer une immense croix et cet immense vitrail…çà porte à rire, quand on s’imagine les conditions d’un tel déplacement dans une jungle parfois inextricable. Enfin les chemins du Seigneur ne sont-ils pas impénétrables ??? Pardon Seigneur !!!
Nous achetons, avec Bernard, une sculpture en bois peint représentant une scène de marché, superbe. Je vois déjà l’emplacement où je la mettrai dans la salle à manger.
Nous dormons à Chacas, mais après un repas très rustique, dans un resto très familial, fort sympa. Murrad nous dit que demain matin nous irons déjeuner dans le village. C’est bien de faire travailler ainsi plusieurs familles.
Nous apprenons aussi, que sur la descente que nous avons faites hier après le col à 4800 m, un minibus est parti dans le décor…il y a eu 5 ou 6 morts… Il est vrai qu’avec la piste que nous avons eue, mieux vaut ne pas avoir un « fou » au volant, et un véhicule en bon état (freins et pneus). Pauvres gens, qui se trouvaient à peu de distance derrière nous. Au village où nous faisons étape le soir, grande émotion. Tragique destin pour ces pauvres gens qui laissent des familles dans le malheur…qu’aurions nous pu faire même si l’accident était arrivé devant nous… c’est tellement vertigineux, que les secours doivent être très difficiles.
Mardi 5
Après un bon petit déjeuner dans l’épicerie-boulangerie du village, nous partons en minibus pour un petit village aux ruelles de terre battue…mais qui va posséder bientôt une très belle cathédrale. Sur la place du village trône cette future cathédrale où une « ruche laborieuse » composée de nombreux artisans s’affairent. Le dôme ressemble au dôme de St Pierre de Rome.
Que de majesté pour un aussi petit village ? Qui finance ??? Une folie dans un lieu si pauvre, mais là aussi, le Divin n’a pas de limites. J’espère bien que ce ne sont pas les pauvres habitants qui « trinquent », car d’après le guide il doit y avoir de quoi investir dans le social : routes, ruelles du village, dispensaire, cantine !!! D’où vient cet argent ??? Tout comme à Chacas, je me pose pas mal de questions qui resteront sans réponse.
Nous entrons dans l’église, immense, il y a encore du boulot, mais à l’intérieur, comme à l’extérieur, çà travaille dur. Les jeunes, eux, jouent au ballon aux abords de la cathédrale. Les filles sautent à la corde. De l’autre côté de la place, petit atelier, et salles d’exposition avec les œuvres qu’ont fait les jeunes…en quelque sorte une annexe de ce que nous avons vu à Chacas. Repas dans une charmante auberge avec terrasse sur un superbe point de vue.
La piste s’élargit, mais les virages sont nombreux et les précipices aussi. Champs de papas (pomme de terre), cultures en terrasse, des fleurs et des arbres malgré l’altitude élevée. Le temps est ensoleillé. Le guide nous explique qu’il y a des plantes médicinales… comme le chauffeur roule lentement, Murrad a le temps de nous donner des explications.