Lundi :

Il fait nuit vers 7 h du matin, mais déjà les pics et massifs qui nous entourent prennent de belles couleurs orangées, quel fabuleux décor, pourtant aussi nous sommes en plein dans le minéral et les formes sombres de ses massifs rocheux ont parfois des airs un peu fantômatiques. Il fait très froid ce matin et les polaires se juxtaposent sous l'anorak, bonnet et gants de rigueur, du moins pour ranger le matériel. Petit déjeuner qui nous réchauffe et départ à 8 h 15. Longue étape aujourd'hui : 260 km, nous descendons plein sud dans le Tassili du Hoggar. Kader, nous dit que nous serons à une soixantaine de km du Niger. Longue étape car il nous fait revenir sur nos pas, tout près de Tam, pour emprunter la piste du Sud.

Le décor ce matin a chanté, la lumière aussi et tout nous paraît différent d'hier soir. C'est superbe. Nous revoyons les ânes sauvages aperçus hier soir, ils n'ont guère changé d'endroit.
A 49 km de l'Assekrem, bifurcation sur la gauche. Arrêt sur le plateau de Zaman où nous admirons nos premières gravures rupestres : girafes, bouquetins, il y a même un crocodile.

Nous reprenons la piste, nos chauffeurs sont de véritables magiciens du volant. Pendant un long moment la piste descend dans des chaos montagneux, le véhicule se cabre, se contorsionne, mais les chauffeurs, prudents ralentissent aux passage d'oued (à sec)... mais çà y est on passe. Dans l'oued, véritable gymkana pour se faufiler à travers les rochers, Kader tourne sans arrêt le volant avec une maestria digne d'un grand chef d'orchestre. Bivouac dans l'oued Tihénoudi pour le repas vers 12 h 30. Repas au soleil, il fait très bon.

On commence à amorcer une descente dans des gorges très étroites où il ne ferait pas bon croiser un autre véhicule. Particulièrement ici, passages étroites entre des massifs montagneux et un semblant de piste fort "pierreuse". Il faut que ces Toyota soient costauds et confortables, et celui-ci est robuste, confortable, c'est le dernier sorti de la gamme Toyota et il n'a que quelques mois, la jeunesse tout de même...çà brave tout. Ici le soleil frappe fort dans cette gorge, pourtant nous sommes encore à 1200 m.

Arrêt près d'un puits, mais l'eau ne convient pas à notre cuistot. Nous verrons plus loin.Vers 16h, arrêt près d'un point d'eau chez un cultivateur-chamelier qui travaille parfois pour l'agence. Situé dans l'oued Tahifet, cet homme a un jardin, où l'eau, grâce à une moto-pompe coule abondamment ce qui lui permet en plus du jardin d'avoir quelques plantations. Après ce point d'eau, les guides nous explique qu'avant plusieurs jours il n'y a pas d'autre points d'eau. Aussi, ici, il y a un fort débit et les 3 jerricannes sont remplies.

Après les "salam aleikum " d'usage nous quittons le propriétaire et remontons dans les 4 x 4. Yalla !!

Tout près du jardin, quelques autres jardinets mais sans pompe, jardins à l'abandon, pourtant ici il y a quelques nomades vivant sous des huttes de roseaux, mais tout est calme, quelques murs, des barbelés nous signalent qu'il y a "des habitants", mais où se cachent-ils ? Eh bien voici quelques chèvres, et des enfants à demi-vêtus accourent vers nous, mais les 4 x 4 vont beaucoup trop vite pour leurs petites jambes. Un petit bambin nu court pieds-nus, mais trop tard, ses jambes sont trop courtes pour nous rattrapper.

Nous longeons la montagne Halilo .Le ciel est toujours bleu , le soleil tape toujours dans ces gorges encaissées.

Nous nous arrêtons pour faire provisions de bois vers 17 h 30, et finalement Kader et ses amis jugeant qu'il est tard, c'est ici que nous aurons notre bivouac. C'est plus agréable d'y voir pour monter le campement. Les bagages débarqués jonchent le sol de l'oued., nous y serons plus "moelleux" pour dormir, car dans les oueds, pas de roches, mais du gravier plus ou moins fin, mais c'est plus confortable. La température y est plus clémente que hier soir, il est vrai qu'ici nous sommes bien descendus (820 m), hier soir 2400 m. Ce soir je suis en tee-shirt, hier soir 2 polaires, anorak, bonnet et gants.

Le décor est superbe et grandiose. Dans le lointain les sommets commencent à rosir,les formes sont toujours aussi variées et superbes. Une légère brise vient nous caresser. Cette nuit la couche sera plus souple puisque le bivouac dans le lit de l'oued comporte du sable un peu grossier mais tout de même plus confortable que de la pierraille.

Le soleil va disparaître derrière la montagne et l'air devient frais, il faut s'habiller. main. L'endroit est plus confortable , fort bien, nous y serons plus"moelleux" pour dormir, car dans les oueds, pas de roches, mais du gravier plus ou moins fin.
Cette nuit J-Marie dort à la belle étoile, avec 2 polaires. Quant à moi, je reste avec Bernard. Le vent se lève toujours la nuit, mais finit par se calmer.