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Nous avons tout, mais pas l'essentiel qui fait que par rapport à nous, ils détiennent, la Vérité, la Sagesse, fAmour...eh oui, en marchant, on pense, on s'interroge, on fait des retours sur soi-même, on analyse, on s'analyse ...mais , nous repartirons vers notre société de consommation et eux ils resteront là, attendant la pluie, comptant leur maigre troupeau, cultivant leur petite parcelle de terre où pousseront quelques légumes qui assurera leur nourriture.

Après ces états d'âme, il faut nourrir les corps pour leur permettre de continuer à marcher. Aujourd'hui : salade de lentilles/tomates, taboulé. Je ne mange que le taboulé et m'allonge pour récupérer. La troupe redémarre après 2 h de repos. Le paysage change, de superbes étendues à perte de vue, des canyons, falaise colorado, pas provençal cette fois, mais super colorado marocain. Villages parsemés aux maisons ocres entourés parfois par un peu de verdure..merci l'oued.

Là où coule l'eau, même en filet ...il y a de la verdure. Vie paisible, étendues sauvages propices à la méditation. Lorsque l'on se retourne et que l'on voit le chemin parcouru.on se dit on a marché tant que çà! ...eh oui, là-bas les montagnes où nous étions il y a quelques jours.on prend des repères ...là-bas ...la brèche, plus loin, la porte d'Ali.

Le temps est un peu couvert, mais la température est idéale pour la marche, nous sommes en novembre et il fait bon. Lorsque !e soleil tape un peu plus fort... une brise vient nous apporter sa caresse et quoi de meilleur que la caresse du vent dans le djebet Sarho!!! Ici des noyers donnent au paysage un cachet différent ...vraiment ces muletiers ont toujours des endroits de pause extra ...il y a toujours un peu d'ombre pour le repas. Ce soir arrivée à 17 h, nous aurons droit au thé dansant ...avec danse du ventre, concert de bendirs et d'harmonica marseillais, sacré Momo. Roselyne danse avec le cuistot, on dirait qu'elle a fait çà toute sa vie,comme quoi la Musique relie les hommes et permet la participation de tous. Ici, plus de barrière de langues, d'ethni...nous sommes heureux de partager chants et danses, même Alice fait une démonstration de danses avec toute l'équipe. C'est super. Je remarque un jeune cuistot coiffé d'un bonnet rouge, il a un regard très triste, les autres chantent et dansent, il y a dans ses yeux une tristesse indéfinissable. Si je pouvais communiquer ...mais le peu de mots que je connais ne me permettent pas d'engager une conversation. Peut-être pense-t-il à sa famille ...à une fiancée laissée là bas et qu'il ne reverra qu'à la fin de la rando ???

 

Mardi 10

Je viens de faire mon pipi matinal derrière un piquant. Le djebel qui est déjà réveillé retentit de chants d'oiseaux ...cocorico de coqs du village proche..les enfants sont déjà partis chercher du bois.

Le soleil peu à peu se découvre, quelle merveille, et quelle belle lumière ce matin. II éclaire le djebel de mille feux..lumière diffuse, c'est très beau. Vraiment ce matin un pipi de tout 1 er choix. Je retourne au camp. Petit déj, quelques mots de berbère aux muletiers et les voilà souriants. Bon pain berbère, et la troupe repart à 8 h 30 nous repartons sous un ciel d'azur. Le décor de cette matinée est grandiose. Nous avons les plaines rocailleuses pour remonter vers un massif montagneux fait d'aiguilles de pitons rocheux, certains ressemblent à des cigares, de très gros cigares et pas du tout réguliers. Les muletiers qui nous ont devancé ont déjà monté les tentes, elles sont toutes alignées face à une pyramide rocheuse.